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Du burn-out aux blessures : ma traversée du désert

Quand continuer comme avant n’est plus possible, mais que la suite n’existe pas encore.
9 September 2026 by
Nathalie Cara

D’abord, il y a eu le burn-out.

Dont je suis sortie grandie, convaincue d’avoir compris ce qui m’était arrivé : je n’avais pas écouté mes limites. Je ne les avais pas davantage fait respecter.


Puis le sport a pris une place considérable dans ma vie.

Il répondait à plusieurs besoins : m’évader, retrouver le contrôle de mon corps et disposer d’un exutoire après une épreuve aussi morale que physique.

Je pensais avoir repris le contrôle.


Mais avec plus de vingt heures d’entraînement par semaine, sans encadrement, sans préparation mentale ni recul suffisant, je reproduisais autrement ce que je croyais avoir dépassé.

J’avais changé de terrain. Pas de fonctionnement. Tenir était mon mantra.


À nouveau, je tenais. Je repoussais. Je demandais toujours plus à mon corps. Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus suivre. Une triple fracture m’a immobilisée, suivie d’une longue rééducation.

Cette fois, il ne s’agissait plus de ralentir. J’étais forcée de m’arrêter.

C’est là que ma traversée du désert a véritablement commencé.

Cet espace inconfortable où l’ancien équilibre ne tient plus, tandis que le nouveau reste invisible. Un temps sans réponse immédiate, sans direction claire, où avancer ne ressemble plus à ce que l’on connaissait.


Moi qui avais appris à tenir, à agir et à dépasser mes limites, je devais apprendre à rester.
À écouter la fatigue plutôt que la combattre.
À accueillir les limites plutôt que les vivre comme un échec.
À habiter mon corps au lieu de lui demander de suivre.
Le yoga et la méditation ont été des outils précieux, mais qui ne m’ont pas permis de redevenir celle que j’étais. Ils m’ont aidée à ne plus chercher à l’être.


Peu à peu, j’ai compris que mon corps n’était ni un obstacle ni un outil défaillant. Il m’invitait à construire une autre relation avec lui, fondée sur l’écoute plutôt que sur la contrainte.

Cette traversée n’a pas seulement changé ma manière de vivre.
Elle a nourrie mon approche du massage.


Aujourd’hui, je ne cherche pas à imposer au corps ce qu’il devrait faire ou ressentir. Je l’écoute. Je respecte son rythme. J’accompagne ce qui peut se relâcher, sans forcer ce qui n’est pas prêt.


Avant d’apprendre à écouter le corps des autres, j’ai dû cesser de lutter contre le mien.


30 jours pour se remettre sur pied · Jour 6


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